Pourquoi la manif du 4 septembre me met mal à l’aise

Passé l’enthousiasme de voir enfin les gens se mobiliser contre une politique scabreuse, je me suis posée et ai réfléchi. Le choix de la date, anniversaire de la naissance de la 3ème république, qui s’est tout de même faite sur les cadavres des Communards, pour ne parler que de ça, déjà me posait un gros problème. Mais bon, après tout il fallait choisir une date, passons. J’aurais voulu que malgré les vacances les gens se mobilisent, attendre sagement septembre ça avait quelque chose d’indécent aussi. Mais passons itou.
Sur les expulsions de Roms, ça me pose un gros gros problème. Non pas que je sois tziganophobe, loin de là, ces expulsions révoltantes me donnent envie de vomir, je ne comprends pas qu’une telle ficelle pour détourner les attentions d’affaires écœurantes au sommet de l’état ait été utilisée. Ça a marché, semble t-il, jusqu’à un certain point.
Non, ce qui me pose vraiment question, c’est la mobilisation du peuple pour cette noble cause, contre les expulsions de Roms, stigmatisés par l’état lui même. Mais on oublie du même coup les milliers d’expulsions de personnes, autre que des Roms, qui ont lieu tous les jours depuis un sacré bail, et ce bien souvent dans l’illégalité la plus crasse (j’ai cherché des liens sur des articles que j’ai lus sur la question sans arriver à les retrouver au beau milieu de pléthore d’articles concernant les Roms, à croire que d’autres expulsions n’ont plus lieu). Une xénophobie qui elle perdure depuis très, très longtemps, que certains essaient de dénoncer, de contrer, d’empêcher, malgré le silence assourdissant des médias sur la question.
Les médias, inventeurs d’insécurité, sont aussi les tuyaux d’une belle cause au détriment des autres. Une belle façon de canaliser les attentions sur un évènement isolé parmi un milliard d’autres, et du coup les oublier. Évidemment que c’est important de lutter contre ces expulsions de Roms, mais n’en oublions pas les autres, qui apprécieraient avoir autant de gens derrière eux pour les soutenir, n’en oublions pas les affaires de fric honteuses, n’en oublions pas le démantèlement des droits des travailleurs, et cherchons plutôt le carrefour de toutes ces merdes. Et la gauche, cette magnifique « gauche », molle à souhait, pleutre, veule et électoraliste, joue sur le même tableau : « nous aussi, on sait s’occuper d’insécurité ».
Nous aussi, on sait être des gros cons, monsieur, vous n’avez pas le monopole de la laideur.
Y’a des jours, il vaut mieux rester au lit et lire un bon Pouy.

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5 septembre 2010 dans BD / strips - 8 banalités

Up Yours !

Gotham n’est pas seulement cette ville sordide, sale et gigantesque où pleurniche Batman. Gotham c’était aussi un magazine BD dans les années 90. Les meilleures années du monde, les chemises à carreaux, Nirvana, les cheveux sales.
Dans Gotham, et quand j’avais lu Tunny Head, je me précipitais sur Tank Girl. Tank Girl était belle, irrévérencieuse, punk, vivait dans un tank avec un marsupial burné à sa botte pleine de poussière du désert. Tank Girl était MA référence. Tank Girl a surtout été ce qui m’a poussé à faire de la bédé. Enfin je pouvais espérer écrire un scénario sans avoir l’air débile, enfin un dessin qui me parlait directement, et même des références musicales loin de NRJ ou Skyrock.
Je rêvais d’avoir ce t.shirt 40 Watts Club, et surtout de dessiner comme Hewlett. Tank Girl est devenu un phénomène de mode, j’ai même vu, affligée, une marque de fringues Tank Girl faire du treillis au prix Dolce Givenchy, puis il y a eu le film, une vraie daube que je n’ai réussi à regarder qu’il y a 2 ou 3 ans avec répugnance (rendez vous compte, Tank Girl part chercher de l’eau avec un kangourou caoutchouteux incarné par Ice T, y’a de quoi avoir envie de gerber sa 33 export tiède).
Malgré ça, Tank Girl ne m’a jamais quittée, j’ai continué à suivre ses aventures, quelque peu oubliées de ce côté de la manche, sans doute à cause de ce film lamentable, le dessin de Hewlett s’est affiné, est devenu plus anguleux, incisif et noir. C’était de mieux en mieux, et plus j’en lisais, plus j’avais envie de dessiner. Et alors qu’Ankama ressort les aventures de Tank Girl, c’est le moment pour ceux qui ne l’ont jamais connue, et pour ceux qui l’ont trop vite oubliée, de se replonger dans l’Australie post-apocalyptique poussiéreuse, pleine de kangourous qui portent des perf, d’aborigènes drogués, de sergent petite-bite, de nanas qui ont des couilles et de Tank Girl comme reine de ce foutu merdier.


Nota bene : tiens, je me dis en voyant les fan arts faits jusque là qu’à la vue de ces couples étranges, un psychanalyste pourrait s’en donner à cœur joie…

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29 août 2010 dans mamas & papas - 9 banalités

La nausée et les mains sales.

Je me souviens d’Abdellah, un ami de la famille quand j’étais petite. Quand Abdellah subissait les réflexions racistes dans le petit patelin des deux sèvres où il vivait, ô sacrilège, avec une blanche, ou quand sa femme recevait des insultes anonymes par téléphone, j’espérais que ça ne signifiait pas que le pays entier se comportait de la même façon. Je pensais que notre petit bourg était trop à l’écart de la vraie vie pour que les gens se rendent vraiment compte de leur connerie.
Aujourd’hui rien n’a changé, sauf que mon petit bourg, c’est la france. Un type avait dit à mon père « tu traines bien avec n’importe qui » un jour où celui ci avait accompagné Abdellah à la boulangerie.
Ce sale type là est à la tête du pays, et dénonce le rom, l’arabe, le noir, le chômeur, le gauchiste, l’autre, comme seul responsable de tous nos maux. A la différence que ce type là a les pleins pouvoirs, et s’en sert.

Je n’ai jamais eu le sentiment d’appartenir à un pays, être française ne signifie rien pour moi. Puisqu’on voudrait nous obliger à être patriote, oui, j’appartiens à cette france, mais celle qui a fait la révolution, la commune ou 68, la france d’un peuple qui résiste et qui lutte.
Je ne suis pas de cette france qui se torche avec la devise en nous empêchant de le faire avec le drapeau, revient au droit du sang, se préoccupe du confort bourgeois d’une poignée de courtisans, méprise son peuple tout entier et le tabasse à la moindre occasion. Je conchie cette france là.

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4 août 2010 dans divagations - 58 banalités