Shub / Supersonic Rocketship @ la Centrale 27-10-08
Ha bah ça, il suffit de râler que y’a plus grand chose à voir en concert pour que deux soirées s’enchainent dans la grisaille d’octobre. La veille, on avait swingué sur les Adebisi Shank à l’Inca, ce qui était plutôt une bonne surprise, vu que j’étais partie à comater devant une merde quelconque de RTL9 suite à la forte déception du concert de Suicidal Tendencies au Confort Moderne samedi dernier (Ouai je vous fais pas le report des ST, mais globalement imaginez vous des gros qui y croient encore (le bandana, passé un certain ?ge, je peux vous le dire : ça craint son pesant de beurre de cacahuètes), le tout avec un son dégueulasse dans une salle bondée.).
Revenons à un des hauts lieux de l’underground bordelais : la Centrale. J’arrive donc avec une grosse grosse envie de Leffe à 19h30, et croise le gros du public, à savoir : Rica Pitsky et Philippe « La Cambrette » Sincab, présents aussi la veille.
J’apprends dans la foulée que le groupe qui ouvrira la bal, c’est Supersonic Rocketship, qui, comme son nom ne l’indique pas, est un groupe de freejazz. Je frémis déjà, le freejazz chez moi ça provoque des crises d’urticaire et une profonde envie de me défenestrer. Mais hardie que je suis, je descends tout de même après quelques bières (retard oblige). Dans la cave, les gens sont assis sur des tabourets pour la plupart, devant un groupe, oui, donc c’est bien ça, de freejazz insupportable. Je reste 30″, chronomètre en main, et évite de justesse l’envie de meurtre, remonte illico l’escalier à la noix et recommande une bière. Oufffff. Le temps que les jazzeux finissent leur set, je tiens compagnie à RalphShub et BenShub occupés à plier les pochettes de vinyles sérigraphiées (oui, de la qualité, mon gars), Rica finit par nous rejoindre, vaincu par un solo de cymbales de 10 minutes, avec rien d’autre, non, rien d’autre.
ça trainasse pas mal et Shub attaque son set tard, très tard, après avoir réglé ou presque des problèmes à la con de pédales de merde chier BAM ! coup de pied de DidierShub et vlan, c’est parti mon kiki.
Pour moi au début c’est du Shub diesel, je suis déstabilisée par la nouvelle tournure du groupe, mais ça dure pas, et vite les morceaux deviennent agressifs et bien alambiqués à la Shub, quoi.
La basse est toujours putain de bonne, DidierShub sous son chapeau de sudiste se la donne avec un grand sourire arôme whisky, BenShub mule comme un con -mais tout en finesse aussi- sur ses fûts, et RalphShub arrête pas de monter le volume de sa guitare, son chant toujours aussi classe et de guingois pour saupoudrer le tout. Shub envoie du gros pâté ce soir, je pourrais vraiment parler des nouveaux morceaux que quand je pourrais écouter le très joli vinyle, mais en gros ça me parait un chouïa plus élaboré et à coup sûr vraiment plus couillu que ce que j’avais déjà vu les Texans de France. La Montée Chromatique (du premier album, un morceau que j’adore), puissante, est jouissive comme pas permis, j’en ai mal aux joues, et ils joueront comme des malades tout le long du set pour finir devant… quoi… 5 personnes ? C’est tout ? les jazzeux ont pris peur ?
Voilà, bah on pourra dire qu’on était là, le soir d’un des plus chouettes concerts de l’année, à s’être pris une bonne branlée et à se coucher avec des acouphènes à ne plus entendre le silence bordelais d’un lundi soir pluvieux. Bande de ringards, avoir loupé ça….
Séance de rattrapage ce soir pour ceux qui peuvent se rendre au Mars Attack à Angoulême, ou les super Shub joueront avec les super Pitsky. Pas d’excuse ce coup ci.
